Monday, October 29, 2007
Robert Badinter, mon diffamateur…
Monday, October 22, 2007
Quels tracts Guy Môquet distribuait-il ?
A l’époque, le Parti communiste n’était nullement entré en résistance contre les Allemands. Le plus connu et le plus représentatif de ses tracts peut se voir au Musée de la Résistance nationale de Champigny-sur-Marne, dont le conservateur est Guy Krivopissko ; il s’agit d’un texte imprimé de deux pages particulièrement denses, titré « Peuple de France ! » et signé « au nom du Comité Central du Parti Communiste Français » à la fois par Maurice Thorez, Secrétaire général, et Jacques Duclos, Secrétaire. M. Thorez, qui avait déserté l’armée française en octobre 1939, séjournait alors dans les environs de Moscou et J. Duclos vivait dans la clandestinité aux environs de Paris. Le texte du tract se trouve reproduit en annexe iconographique et aux pages 165-175 de l’ouvrage de Jean-Pierre Besse et Claude Pennetier, Juin 40, La Négociation secrète, Les Editions ouvrières / Les Editions de l’Atelier (Ivry-sur-Seine), 2006 [novembre], 208 p. Plus tard nommé « Appel du 10 juillet », le texte aurait plutôt été rédigé et distribué « dans la deuxième quinzaine de juillet » (p. 175) et aurait connu par la suite une très vaste diffusion.
Pas un seul instant, le contenu du tract ne vise les Allemands. Au contraire, il constitue une sorte de codicille français ajouté au « Pacte germano-soviétique », pacte expressément nommé et invoqué. Implicitement il constitue une offre de collaboration directe avec les autorités allemandes par-dessus la tête des autorités de Vichy. Il dénonce les terribles conséquences des « gouvernements indignes » qui ont voulu la guerre contre l’Allemagne et qui sont responsables de la défaite et de l’occupation qui s’en est suivie. Ces responsables sont Daladier, Reynaud, Blum et Mandel qui « ont poussé la France à la guerre pour servir les intérêts des ploutocrates » [entendons : des ploutocrates anglais et français], pour « écraser le peuple et porter les armes contre l’URSS, pays du socialisme (envoi de matériel de guerre aux gardes blancs finlandais et constitution de l’armée Weygand en Syrie) ». On lit encore : « Seul, debout dans la tempête, fidèle à sa politique de paix, notre Grand Parti Communiste s’est dressé contre la guerre, comme il s’était dressé seul contre l’occupation de la Ruhr par Poincaré [1923-1924] parce qu’il a toujours été CONTRE L’OPPRESSION D’UN PEUPLE PAR UN AUTRE PEUPLE ». Le tract évoque « la France enchaînée au char » non pas de l’Allemagne hitlérienne mais « de l’impérialisme britannique » ; il vilipende « les aventuriers de Vichy », « le Parti de Blum et de Paul Faure », « les Princes de l’Eglise », « ces Messieurs du gouvernement de Vichy », les « fauteurs et profiteurs de guerre » ainsi que Pétain, Laval et « la dictature des forbans ». Il exige que les députés et sénateurs communistes, déchus et emprisonnés par Daladier à cause de leur approbation du Pacte germano-soviétique (23 août 1939), soient libérés et rétablis dans leurs droits et fonctions et aussi que reparaisse la presse du Parti communiste. (Les Allemands, eux, libéreront effectivement bien des communistes). Il conclut : « A la porte le gouvernement de Vichy ! A la porte le gouvernement des ploutocrates et des profiteurs de guerre ! » Appelant à la renaissance de la France sous le signe de la fraternité des peuples, il lance : « A bas le capitalisme générateur de misère et de guerre ! Vive l’Union Soviétique de Lénine et Staline, espoir des travailleurs du Monde ! »
Guy Môquet semble avoir eu beaucoup d’admiration pour son père, Prosper Môquet, ancien cheminot, membre responsable du syndicat CGTU, élu député du Parti communiste dans le quartier des Epinettes et déchu de sa fonction de député pour avoir approuvé le Pacte germano-soviétique. Il serait intéressant de savoir si le jeune Guy avait distribué ce tract de « non-résistance aux autorités d’occupation allemande » si on peut l’appeler ainsi ou encore s’il avait diffusé d’autres écrits communistes, plus virulents encore, contre celui que Jacques Duclos et Maurice Tréand appelaient avec insistance « le juif Mandel » ou contre « le défenseur des intérêts capitalistes anglais », Paul Reynaud.
Les jeunes Français ont besoin de le savoir. Les autres Français aussi d’ailleurs, à commencer par le Président de la République.
(Publié sous ce titre et sous ma signature dans Rivarol, 26 octobre 2007, p. 11, avec deux caricatures de de Leno [Ralph Soupault] représentant Maurice Thorez et Jacques Duclos)
Additif du 27 octobre 2007
Guy Môquet officiellement NON résistant ?
D’après une pièce administrative, depuis longtemps connue, le titre d’« Interné résistant » aurait été refusé à Guy Môquet, que partout aujourd’hui on qualifie de « résistant » ; seul lui aurait été accordé le titre d’ « Interné politique ». Datant du 7 février 1956, la pièce est à en-tête du Ministère des anciens combattants et victimes de la guerre. Il s’agit d’une « décision » « portant refus du titre INTERNE RESISTANT et attribution du titre INTERNE POLITIQUE ». Elle est adressée au père de Guy Môquet, dont l’adresse parisienne est indiquée au bas de la page. Le texte porte :
1° La demande d’attribution du titre d’INTERNE RESISTANT concernant MOQUET Guy, né le 28 avril 1924 à Paris 18° [et] décédé le 22 août [erreur pour 22 octobre] 1941 à Chateaubriant (Loire-Inférieure) est rejetée pour le motif ci-après : Il résulte du dossier que l’intéressé ne remplit pas les conditions exigées par les dispositions combinées des articles R. 286 et R. 287 du Code des Pensions.
2° Le titre d’INTERNE POLITIQUE est accordé à l’intéressé, sur avis conforme de la Commission Nationale des déportés et internés politiques. – Période d’internement prise en compte : du 13 octobre 1940 au 22 octobre 1941.
Carte n° 130 108 900 délivrée à Monsieur MOQUET Prosper, 34 Rue Baron, PARIS 17°.
En conclusion, s’il se confirme que ses tracts étaient de même nature que ceux que diffusait à l’époque le Parti communiste français, Guy Môquet aura été probablement pendant un an (20 juin 1940-21 juin 1941), une sorte de collabo actif, pro-allemand et anti-Vichy, avant de devenir à partir du 22 juin 1941 (rupture du Pacte germano-soviétique et entrée des troupes allemandes en URSS) jusqu’au 22 octobre 1941 (date de son exécution), soit pendant quatre mois, un éventuel résistant réduit à l’impuissance puisque incarcéré. Il a dû son exécution au fait que trois jeunes militants communistes, venus de Paris, ont assassiné un Allemand (francophile ?), le lieutenant-colonel Karl Hotz, commandant la place de Nantes, puis ont refusé de se dénoncer, provoquant ainsi de sanglantes représailles.
NB - Sur le sujet des fusillés, on lira, de Jean-Pierre Besse & Thomas Pouty, Les Fusillés, Répression et exécutions pendant l’Occupation (1940-1944), Les Editions de l’Atelier / Les Editions Ouvrières (Paris), 2006 [octobre], 200 p. Selon ces auteurs, pendant toute la durée de l’Occupation, les Allemands auraient jugé, condamné à mort et fusillé entre 4 520 et 4 540 personnes (p. 182). On est loin des « 75 000 fusillés » du seul Parti communiste.
22, 27 octobre 2007
Wednesday, October 17, 2007
Avertissement à Robert Badinter et à ses amis et conseils pour le cas où ils persisteraient à me diffamer
1) Avertissement (RAR) envoyé, le 10 octobre 2007, par Me Eric Delcroix à Claude Durand, président directeur général des éditions Arthème Fayard
Librairie Arthème Fayard, 13 rue du Montparnasse, 75006 PARIS
A l’attention de Monsieur le Président directeur général
Aff : Faurisson c/ Badinter
Monsieur le Président,
Je vous écris en ma qualité d’avocat du professeur Robert Faurisson.
Nous venons, lui et moi, d’apprendre sur votre site Internet www.fayard.fr la sortie annoncée pour le 21 novembre de l’ouvrage intitulé : Faurisson contre Badinter, ou le procès du négationnisme.
Nous savons que cet ouvrage a vocation à contenir les différentes contributions des acteurs du procès ayant opposé mon client à Robert Badinter et qui s’est achevé par un jugement rendu le 21 mai par la XVIIe chambre (chambre de la presse) du tribunal de grande instance de Paris.
C’est pourquoi je vous fais savoir par la présente :
1°- Que le professeur Faurisson et moi-même interdisons formellement la publication de nos prétendues contributions à ce procès, au demeurant extraites de sténographies douteuses et souvent en contradiction avec les notes d’audience du greffier ;
2°- Que je vous mets en demeure, sous huit (8) jours, de faire modifier la notice correspondante apparaissant sur votre site, notice où figure de façon mensongère et gravement préjudiciable l’indication suivante :
Le jugement, rendu le 21 mai, a débouté Faurisson de sa plainte, reconnaissant que l’usage à son endroit de l’expression « faussaire de l’Histoire » n’était pas diffamatoire.
Or, le jugement susvisé du 21 mai 2007, tout à l’inverse, s’il a débouté mon client, a reconnu que la diffamation était constituée (pages 5 et 6, § « Sur le caractère diffamatoire des propos poursuivis »), après que le Tribunal eut constaté « que le défendeur [Badinter] a échoué en son offre de preuve » (page 13, 3e alinéa, § « Sur les éléments de preuve ») !
Si Robert Badinter, ainsi reconnu diffamateur, l’a finalement emporté, ce n’est que sur l’argument subjectif et subsidiaire de la « bonne foi » (page 16, 2e alinéa, § « Sur la bonne foi »)…
Si vous n’entendiez pas satisfaire les présentes et impératives demandes, il serait de votre intérêt même de me faire connaître celui de mes confrères que vous choisissez pour avocat.
Je vous prie de recevoir, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments distingués. E.D.
2) Réponse (RAR) envoyée le 11 octobre 2007 (c’est-à-dire par retour du courrier) par Claude Durand à Me E. Delcroix
Maître,
J’ai bien reçu votre lettre du 10 octobre dont j’accuse volontiers réception.
J’ai pris bonne note du refus de M. Faurisson et du vôtre de la reproduction de vos déclarations telles que résultant de la sténotypie des débats.
Je fais par ailleurs amender la notice annonçant l’ouvrage conformément à vos voeux.
Veuillez agréer, Maître, l'expression de ma meilleure considération.
3) Les deux versions consécutives du texte d’annonce du livre : la version originelle et la version corrigée sur notre demande
Version originelle
Faurisson contre Badinter, ou le procès du négationnisme
*
* Date de Parution : 21/11/2007
* Collection : Documents
* Prix public TTC : 20,00 €
* Code ISBN / EAN : 9782213635583 / hachette : 3538030
* Format (153 x 235)
* Nombre de pages : 320
Les 12 mars et 12 avril ont eu lieu devant la 17e Chambre du tribunal correctionnel de Paris les débats de ce qui aura probablement été le tout dernier grand procès du négationnisme.
À l’origine, une plainte de Robert Faurisson contre Robert Badinter et la chaîne Arte. Motif : sur cette chaîne, Robert Badinter a déclaré : « Le dernier procès que j’aurai plaidé dans ma vie avant de devenir ministre, c’est le procès contre Faurisson. J’ai fait condamner Faurisson pour être un faussaire de l’Histoire. » Ce sont ces derniers mots qui sont invoqués par Faurisson pour intenter sa plainte en diffamation.
Le jugement, rendu le 21 mai, a débouté Faurisson de sa plainte, reconnaissant que l’usage à son endroit de l’expression « faussaire de l’Histoire » n’était pas diffamatoire. Il n’a pas fait appel.
Ce dossier restera dans l’histoire de la justice et pour l’Histoire tout court le verdict de condamnation définitive du négationnisme en France.
www.fayard.fr - tous droits réservés 2007
Version corrigée
* La Justice et l’Histoire face au négationnisme
auteur : XXX
* Date de Parution : 21/11/2007
* Collection : Documents
* Prix public TTC : 0,00 €
* Code ISBN / EAN : 9782213635583 / hachette : 3538030
* Format (153 x 235)
* Nombre de pages : 320
Les 12 mars et 12 avril ont eu lieu devant la 17e Chambre du tribunal correctionnel de Paris les débats de ce qui aura probablement été le tout dernier grand procès du négationnisme.
À l’origine, une plainte de Robert Faurisson contre Robert Badinter et la chaîne Arte. Motif: sur cette chaîne, Robert Badinter a déclaré : «Le dernier procès que j’aurai plaidé dans ma vie avant de devenir ministre, c’est le procès contre Faurisson. J’ai fait condamner Faurisson pour être un faussaire de l’Histoire.» Ce sont ces derniers mots qui sont invoqués par Faurisson pour intenter sa plainte en diffamation.
Le jugement, rendu le 21 mai, a débouté Faurisson de sa plainte. Il n’a pas fait appel.
Ce dossier restera dans l’histoire de la justice et pour l’Histoire tout court le verdict de condamnation définitive du négationnisme en France.
4) Conclusion et nouvel avertissement : C. Durand a retiré le fragment de phrase où il avait osé dire que, pour la justice, l’expression de « faussaire de l’Histoire » appliquée à R. Faurisson n’était pas diffamatoire. C’est qu’en réalité il lui a fallu convenir que la justice a bel et bien prononcé que R. Badinter avait diffamé R. Faurisson, fût-ce de bonne foi. Cependant, selon la formule bien connue, la bonne foi est comme une allumette et ne peut servir qu’une fois. En conséquence, l’intéressé ne peut plus répéter que Faurisson a été condamné pour être un faussaire de l’histoire. Si jamais il venait à le répéter, il encourrait une condamnation en justice pour diffamation exclusive de toute bonne foi. Il le sait et ses amis et conseils le savent. Qu’ils prennent garde à toute nouvelle accusation ou insinuation diffamatoire !
Saturday, October 6, 2007
Assemblée générale de l’association Liberté pour l’histoire
(Ce compte rendu a été rédigé par Grégoire Kauffmann, secrétaire délégué ; certains mots ou passages sont, de notre fait, reproduits en gras ; le commentaire de R. Faurisson se lit à la fin du texte, en italique)
Pierre Nora ouvre la séance – Il rend hommage à la mémoire de notre premier président, René Rémond, décédé le 14 avril 2007. Après sa disparition, Pierre Nora a accepté d’assumer la présidence de LPH qui doit être aujourd’hui consacrée par le vote des adhérents. Il ne veut pas d’une présidence éternelle et espère que celle-ci sera renouvelée dans un an. Il insiste sur la nécessité d’être épaulé dans sa tâche par le Conseil d’administration. Il évoque brièvement les changements politiques intervenus depuis le printemps dernier et la nouvelle ère qui s’est ouverte pour LPH depuis l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République.
Françoise Chandernagor, vice-présidente : rapport juridique – A la suite du décès de René Rémond, de la démission de Pierre Kerleroux comme secrétaire général adjoint, de l’impossibilité d’Alain Decaux de se rendre à une réunion de bureau, le Conseil d’administration réuni le 6 juin 2007 à la Fondation nationale des Sciences politiques a proposé comme membres remplaçants Jean-Noël Jeanneney, Jean-Claude Casanova et Krzysztof Pomian. Le bureau a élu Pierre Nora président de LPH en remplacement de René Rémond. Mona Ozouf a souhaité être déchargée de la vice-présidence tout en restant membre du Conseil d’administration. En conséquence, le bureau propose à l’Assemblée générale de confirmer l’élection au Conseil d’administration de Jean-Noël Jeanneney, de Jean-Claude Casanova et de Krystof Pomian et de reconduire les membres suivants : Jean-Pierre Azéma, Jean-Jacques Becker, Catherine Brice, Françoise Chandernagor (vice-présidente), Christian Delporte (trésorier), Valérie Hannin, Pierre Nora (président), Mona Ozouf, Hubert Tison (secrétaire général), Maurice Vaïsse, Michel Winock.
Le renouvellement du Conseil d’administration est mis aux voix de l’Assemblée générale. Il est approuvé à l’unanimité.
Pierre Nora, président : rapport moral – Françoise Chandernagor, Michel Winock et Pierre Nora ont été reçus par le président de l’Assemblée nationale Bernard Accoyer, lequel, à titre personnel, s’est montré désireux de soutenir les initiatives de LPH, notamment sur la question de l’Arménie. Bernard Accoyer leur a conseillé de solliciter différentes personnalités à Matignon, à l’Elysée, au ministère de la Culture. Pierre Nora et Françoise Chandernagor ont été reçus le 2 octobre par le ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos, pour le mettre au courant de nos initiatives et lui demander si l’application de la circulaire parue au Bulletin officiel du 30 août 2007 et intitulée 22 octobre : commémoration du souvenir de Guy Môquet et de ses 26 compagnons fusillés impliquait obligation et sanction. M. Darcos s’est montré très ouvert. A la question de savoir si la circulaire avait un caractère contraignant, M. Darcos a répondu qu’il avait réuni les recteurs d’académies pour leur donner des conseils de souplesse : les professeurs garderont leur liberté de pédagogie. Lors de cette entretien, M. Darcos a confirmé que Nicolas Sarkozy se rendrait sans doute au lycée Carnot le 22 octobre 2007 afin d’y lire la lettre de Guy Môquet.
Françoise Chandernagor, vice-présidente – Les propositions de lois mémorielles se multiplient et sont déposées sur le bureau de l’Assemblée nationale. Il existe déjà une proposition de loi sur le « génocide » vendéen. D’autres suivront immanquablement sur le massacre des Cathares, la Saint-Barthélemy, etc. Ces propositions de loi dessinent une tendance typiquement franco-française. Il en va tout autrement au niveau européen, où le conseil des ministres européens vote les lois à l’unanimité. Ainsi, une décision-cadre « concernant la lutte contre le racisme et la xénophobie », proposée en 2001 par le gouvernement français, a été adoptée par le Conseil des vingt-cinq ministres de la Justice le 20 avril dernier, à l’unanimité. Les Etats membres doivent, sous peine de sanctions de la Commission, la transcrire dans leur droit interne avant deux ans.
Cette décision-cadre va plus loin que la législation française existante : 1°) Elle étend les sanctions pénales du type loi Gayssot (ici, jusqu’à trois ans d’emprisonnement) à la contestation de tous les génocides et crimes contre l’humanité quels qu’ils soient ; 2°) En se référant aux statuts de la Cour pénale internationale, elle s’appuie sur une définition des génocide et « crime contre l’humanité » plus large que celle de notre code pénal ; 3°) Elle crée, outre le délit de « négation », un délit de « banalisation » que le droit français ignorait jusqu’à présent. Elle crée aussi un délit de « complicité de banalisation » ; 4°) Les comportements délictueux de « négation » ou de « banalisation » ne sont plus sanctionnés seulement dans les cas de génocides ou de crimes contre l’humanité, mais aussi – ce qui est nouveau – dans les cas de crimes de guerre ; 5°) En revanche, la « négation » ou la « banalisation » de crimes contre l’humanité pour des raisons religieuses ne seront sanctionnées que si la communauté religieuse opprimée s’identifie à une race ou une ethnie particulière ; 6°) Lorsque le génocide, le crime contre l’humanité ou le crime de guerre ont été commis par un régime totalitaire (à l’exception des crimes nazis, visés dans le texte par une disposition relative au Tribunal de Nuremberg), il reste, pour l’instant, permis de les nier, de les banaliser ou même d’en faire l’apologie. Malgré la demande des pays baltes, le Conseil des ministres européens a jugé impossible de rattacher les crimes du totalitarisme au racisme, unique objet, en principe, de la décision. Le Conseil se borne donc à renvoyer à la Commission le soin d’organiser, quand il lui plaira, une « audition publique » sur cette catégorie de crimes dans l’espoir de déboucher un jour sur des « réparations appropriées ». En clair, la « gayssotisation » générale continue d’épargner ceux qui nient ou banalisent les crimes du communisme, Katyn, la dékoulakisation, etc. En France, l’adoption de cette décision-cadre est passée inaperçue. Nous en avons été alertés par un historien italien. Pour l’heure, seuls les Anglais ont réagi en protestant contre une décision qui aboutit à une limitation inacceptable de la liberté d’expression. Cette affaire exprime un état d’esprit global ; elle montre que les historiens doivent s’organiser à l’échelle européenne pour défendre leur liberté d’expression.
Hubert Tison, secrétaire général : rapport financier – Les recettes sont celles des cotisations. Les dépenses en 2006 sont celles 1°) de la domiciliation de l’association, 23-25 rue Jean-Jacques Rousseau, 75001 Paris : 138,58 euros du 12/9/2006 au 31/12/2006 2°) de la gestion du compte Bred : 8 euros par mois 3°) de l’assurance MAIF ; 4°) des envois de convocations pour l’assemblée générale de 2006. Les dépenses en 2007 sont celles : 1°) de la domiciliation rue Jean-Jacques Rousseau : 55,26 euros par trimestre ; 2°) de la gestion du compte Bred : 8 euros par mois ; 3°) de la cotisation MAIF ; 4°) des enveloppes et timbres pour les convocations des adhérents (1er envoi) ; 2ème envoi « bon pour le pouvoir » par la poste (destinés aux adhérents qui n’ont pas de courriel). Bilan au 26/9/2007 : 5391,42 euros Le nombre d’adhérents était de 217. A la veille de l’assemblée générale 2007, 137 adhérents avaient renouvelé leur cotisation.
Pierre Nora, président – Il constate que les ressources financières sont insuffisantes. Il lui paraît donc impératif de mobiliser des mécènes, de multiplier les adhésions de soutien. Il estime qu’une somme 20 à 30 000 euros permettrait à l’association des initiatives que sa pauvreté actuelle lui interdit. Par ailleurs, les adhérents de LPH sont trop peu nombreux. Un effort doit être entrepris en direction des professeurs d’histoire et de géographie du secondaire. Il importe d’autre part d’élargir le cercle de LPH en obtenant le concours de philosophes, d’avocats, de magistrats. Les juristes doivent se mobiliser car tous ces textes de lois mémorielles avancent masqués. Il est temps que LPH engage une ouverture vers l’étranger : Italie, Angleterre, Belgique où il existe une association du même type que la nôtre. Coordonnons notre lutte à l’échelle internationale : il y a là un cadre d’action que nous connaissons mal. Il est essentiel de faire comprendre au public que LPH ne mène pas un combat corporatiste mais que les historiens se trouvent aujourd’hui, par la force des choses, au premier rang d’un combat pour la liberté de l’esprit qui intéresse tous les citoyens.
Le rapport moral et le rapport financier sont mis aux voix de l’Assemblée générale. Ils sont approuvés à l’unanimité.
Pierre Nora, président – Il présente Grégoire Kauffmann, secrétaire délégué de LPH, auteur d’une récente thèse sur Edouard Drumont et éditeur à CNRS Editions. Grégoire Kauffmann est chargé d’assurer la coordination entre les adhérents et d’animer le site Internet de l’association, qui sera mis en ligne à la fin du mois d’octobre. Pierre Nora annonce la publication pour le début de l’année 2008 d’un court texte d’intervention sur LPH à CNRS Editions. L’opinion a évolué ; elle a compris qu’il était impossible de revenir sur la loi Gayssot. Sur cette question, gardons-nous d’adopter une attitude défensive ; nous devons être offensifs sur le plan intellectuel. LPH doit devenir un laboratoire de réflexion. Il importe de convaincre individuellement les historiens gênés par la loi Gayssot.
Françoise Chandernagor, vice-présidente – A la question de Pierre Bonet sur l’attitude de LPH face au « floutage » du visage de Mahomet dans les manuels scolaires Belin (classes de 5e), Françoise Chandernagor répond que nous pourrions rendre visite aux éditeurs de manuels scolaires pour leur dire : ne vous censurez pas. Elle revient sur la question de la loi Gayssot, impossible à abroger car elle s’inscrit aujourd’hui pleinement dans la législation européenne, d’où la nécessité de sortir le débat sur les lois mémorielles du cadre franco-français.
Pierre Nora, président – Il souhaite que l’association soit aussi présente que possible dans la presse et les médias pour sensibiliser l’opinion et définir une attitude qui n’est pas toujours facile à faire comprendre à une opinion sensible aux souffrances légitimes des victimes. Il souhaite aussi qu’entre les Assemblées générales, des réunions plus intimes puissent être organisées pour discuter des actions à entreprendre. Il souhaite que ces réunions puissent faire de LPH un laboratoire de réflexion.
Liste des présents : Aldebert Jacques, Allain Jean-Claude, Azéma Jean-Pierre, Barthélemy Dominique, Becker Jean-Jacques, Benkorich Nora, Bilger Philippe, Blandin Claire, Cadet Nicolas, Brice Catherine, Bonet Pierre, Chandernagor Françoise, Briquel Chatonnet Françoise, Chassagne Françoise, Colosimo Jean-François, Crepin Thierry, Damaye Joëlle, Delaunay Jean-Marc, Eveno Philippe, Fichten Louis, Foucrier Annick, Hannin Valérie, Jeanneney Jean-Noël, Joly Laurent, Kazancigil Ali, Kauffmann Grégoire, Kerleroux Pierre, Le Bail Karine, Le Goff Jean-Pierre, Lemaître Nicole, Maillard Christophe, Maillé-Virole Catherine, Montenay Yves, Nantet Bernard et son fils, Nora Pierre, Ozouf Mona, Pervillé Guy, Peyrot Jean, Pomian Krzysztof, Puiseux Hélène, Renonciat Annie, Senard Catherine, Senneville Gérard de, Thibaud Paul, Till Eric, Tison Hubert, Vaïsse Maurice, Vergez Chaignon Bénédicte, Winock Michel.
Liste des pouvoirs : Agulhon Maurice, Allies Paul, Andrivet Patrick, Benassar Bartholomé, Bianco Lucien, Bimbenet Jerôme, Boulle Pierre, Champet Chantal, Chandernagor André, Chaouky Hamida, Cérino Christophe, Cieutat Bernard, Cieutat Marie-Antoinette, Chartier Marie-Thérèse, Chrétien Jean-Pierre, Cochet François, Coudry Marianne, Croubois Claude, Daix Pierre, Descamps Cyril, Duhem Jacqueline, Duval Noël, Fauchois Yann , Fray Jean Luc, Gaillard Michèle, Galster Ingrid, Gayrard Pierre Jean , Grenouilleau Mauricette, Guénaire Michel, de Guillenchmidt Jacqueline, Koessler Thierry, Lalouette Jacqueline, Lecuir Jean, Lecat Jean-Philippe, Marconis Robert, Martin Michèle, Medard Madeleine, Michaux Madeleine, Michaux Marie-Anne, Monnet Sylvie, Neveu Valérie, Oudin Bernard Pagnon Bruno, Pagnon-Pila Claire, Pecha Soulez Michel, Perriaux Bernard, Petot Françoise, Piachet Sylvie, Poignant Nathalie, Roman Alain, Rowley Antony, Roudinesco Elizabeth, Savornin Marie-Noël, Stora Frank, Sussel Philippe, Thomann Bernard, Verclytte Thomas, Verger Jacques, Veyne Paul, Vincent Catherine, Vivant Carole, Weber Jacques.
***
Commentaire de Robert Faurisson : L’officine qui se pare du nom de Liberté pour l’histoire vient de jeter le masque mais en petit comité. Elle affecte de combattre TOUTES les lois mémorielles, mais, en réalité, rien ne lui est plus cher que la loi Fabius-Gayssot, laquelle permet d’envoyer en prison quiconque doute de la sacro-sainte « Shoah » ou la conteste. J’ai toujours dit que René Rémond, ancien président de cette association, entendait faire le jeu de ceux qui voulaient et qui veulent encore, à tout prix, conserver au seul profit de la « Shoah » une loi mémorielle. Pour ces personnes, il faut empêcher de possibles rivaux, tels les Arméniens, les Noirs, les Pieds-noirs, les anciens colonisés, les Vendéens et d’autres, d’obtenir à leur profit le vote de lois identiques. L’abominable réponse de feu R. Rémond à Georges Theil, qui venait d’être lourdement condamné à une peine de prison ferme et à de graves sanctions financières sur le fondement de cette loi, prouvait déjà, s’il en était besoin, la détermination de nos bons apôtres (de la liberté de recherche !) à sauvegarder en fait un privilège : celui d’une loi spécifique au seul bénéfice de la « Shoah ». On voit ici que, pour la vice-présidente de l’association, il est « impossible de revenir sur la loi Gayssot » ; cette loi est « impossible à abroger ». Mieux : il faut, dans la défense de cette loi, se garder « d’adopter une attitude défensive » ; « nous devons être offensifs sur le plan intellectuel » et il faut « convaincre individuellement les historiens gênés par la loi Gayssot ». Ce qui est ici préconisé, c’est de prendre, en public et de manière « offensive », la défense de la loi Fabius-Gayssot qui permet d’envoyer les sceptiques en prison pour trois ans cependant qu’en privé, au sein de la corporation des historiens, cette défense de la crapuleuse loi socialo-communiste se fera, de préférence, en cherchant à « convaincre individuellement » ceux qui sont « gênés » par cette loi. Ces propos, Françoise Chandernagor les tient à l’heure où elle sait qu’une décision-cadre européenne, fondée sur une décision-cadre française mais dépassant cette dernière, pourrait nettement aggraver la loi Fabius-Gayssot tout en préservant le droit, en ce qui concerne les « crimes de guerre » et les « crimes contre l’humanité » imputables aux mouvements et régimes communistes, « de les nier, de les banaliser ou même d’en faire l’apologie » ! Au passage, on aura aussi noté la suggestion faite par le président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer, d’aller solliciter telle ou telle personnalité politique pour essayer d’entraver le vote d’une loi mémorielle « arménienne ». On y ajoutera l’idée, émise par F. Chandernagor, d’aller rendre visite aux éditeurs de manuels scolaires pour leur dire : « Ne vous censurez pas ! » ; il s’agirait de ne plus censurer (ici, par floutage) ce qui peut offenser les musulmans. Non seulement il se confirme donc qu’il est interdit de pénétrer avec l’arme du doute et de la réflexion dans le domaine d’une « chasse gardée », celui de la « Shoah », mais nul n’aura le droit, en particulier les musulmans, à un privilège identique : seule la préservation de la « Shoah » est sacrée sous peine de poursuites soit pour blasphème, soit pour outrage ! Et F. Chandernagor se permet, ici, de dénoncer « ceux qui s’avancent masqués » !
La réunion, à la fois publique et confidentielle, dont on vient de lire ici le compte rendu, s’est tenue à la Sorbonne, où un amphithéâtre avait été mis gracieusement à la disposition de P. Nora et F. Chandernagor, respectivement président et vice-présidente de l’association qui arbore le nom de Liberté pour l’histoire, association à laquelle on peut s’inscrire en s’adressant à son siège, 23-25, rue Jean-Jacques-Rousseau, 75001 PARIS.
6 octobre 2007